L’endurance « fondamentale » …

Ce terme de « fondamentale » me surprend lorsqu’il est associé à l’endurance. Comme lorsqu’il l’est à une « matière » dans le système scolaire.
Moi qui enseigne durant 1980 dans un milieu où professeurs et parents d’élèves considéraient des matières « fondamentales » et des matières secondaires. Je vous laisse deviner où j’étais rangé moi, le prof d’EPS … Quand ce n’était pas le prof de sport ou même le prof de gym !
Je me suis toujours demandé en quoi il était « fondamental de maîtriser l’accord du participe passé mais pas son corps.
Pourquoi il était « fondamental » de connaître la vitesse d’un train qui partait de Paris et un autre de Marseille pour savoir à quel moment (et surtout où) ils allaient se croiser mais pas celle de sa vitesse maximale aérobie ?
Bref, ce terme de « fondamentale » à le don de m’irriter un tant soit peu.
En effet, je me demande pourquoi cette endurance là est « fondamentale ». Qu’a-t-elle de si essentielle, déterminante, incontournable ? Parce que courir à une vitesse lente et régulière ne permet que de courir lentement et régulièrement, selon moi. Et surtout à cette vitesse et pas une autre. Ce qui la rend particulière plus que « fondamentale » à mes yeux.


N’oublions pas ce que le professeur Lacour nous a appris : « L’endurance n’est pas transférable(*) ».
Alors oui, pour ceux dont l’objectif est de courir lentement et régulièrement, cette endurance est fondamentale. Mais pour les autres ?
Il semblerait que cela remonte à des temps anciens où l’on pensait qu’il fallait d’abord poser les bases. On grossit le cœur en volume grâce à l’endurance (surtout si elle est fondamentale) et ensuite on le muscle grâce à la résistance.
Mais ça c’était avant.
Avant les outils modernes d’investigation, les échographies cardiaques et les mesures en tout genre. On sait maintenant que tout cela est étroitement imbriqué et que c’est le subtil mélange de toutes les allures qui permet une construction harmonieuse. Cessons donc d’établir des hiérarchies de matières ou d’allures. Et surtout méfions-nous des dogmes.
L’EPS participe à sa manière (ou à sa matière !) à l’éducation des futurs citoyens que l’école doit former.
L’endurance contribue, ni plus ni moins que les autres allures, avec les apports qu’elle permet, à la formation du coureur à pied.
J’irai même plus loin car le but de cet article n’est pas de critiquer mais bien de contribuer au débat et de l’enrichir de ma contribution.
Ce qui est fondamental, d’après moi, dans mon approche de l’entraînement que je revendique comme étant ma méthode champenoise, c’est de développer sa puissance aérobie en premier lieu et son endurance aérobie. Voilà ce qui est « fondamental » selon moi.
Le débat continue ! Faisons en sorte qu’il soit clair et constructif afin que chacun puisse se faire sa propre opinion en toute liberté et sans être dogmatique

(*) : revue de l’AEFA spécial course sur route janvier/février/mars 2000