100km de Millau : avec ou sans suiveur ?

Sans être indispensable, le suiveur à vélo peut s’avérer être d’une aide précieuse. Et pour peu qu’une grande complicité le lie au coureur, le défi physique va se transformer en un inoubliable projet humain à deux. Souvenir, anecdotes, sentiments forts, réussite ou échec … Tout va se combiner pour vous marquer à jamais.


A Millau en duo
A l’image de cette épreuve hors norme et unique, il est indispensable et incontournable de réaliser ses sorties longues dans un contexte et un environnement le plus proche possible des conditions que l’on va devoir affronter le jour J. L’idéal étant de pouvoir effectuer cette séance avec votre suiveur. Cela va vous permettre, d’une part de pouvoir régler les détails de votre duo et d’autre part de vous aider à régler votre allure à la vitesse spécifique.

La complicité est la clé
Pour former un duo harmonieux et efficace, il est nécessaire que le suiveur possède des qualités physiques et humaines bien précises.
- L’expérience :
De même qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été un grand coureur pour entraîner mais qu’il est difficile d’entraîner sans avoir couru, il est préférable que le suiveur soit lui-même coureur. Le must étant qu’il ait déjà participé à l’épreuve. Quoi de mieux que de d’avoir été déjà à la place de celui que l’on veut accompagner et soutenir ?
- Les qualités humaines :
Le suiveur le plus expérimenté ne sera pas efficace s’il n’existe pas une grande complicitée entre les deux partenaires. Celle-ci va permettre une compréhension et une capacité à s’adapter aux variations d’humeur et de forme (cela va souvent de pair) du coureur. Il est donc nécessaire de bien se connaître.
- L’entraînement :
Faire 100km n’est pas à la portée de tous et d’autant plus lorsqu’il s’agit des 100km de Millau. Il faut donc avoir l’assurance que le suiveur est en mesure de parcourir ces 100km et d’assumer toutes les tâches qui lui incombent tout au long de la course. Les gestes justes, les habitudes, les stratégies diverses (de ravitaillement, de temps de passage, de matériel) ne s’inventent pas ni ne s’improvisent. Il faut répéter à l’entraînement, en mode compétition, afin de se rendre compte en situation réelle.

Des compétences multiples
A la fois matérielles, techniques et mentales. Son apport sera multiple.
1. Matérielles :
Il doit être en mesure de pouvoir donner au coureur tout ce dont il a besoin, tant sur le plan des ravitaillements que du matériel.
2. Techniques :
Il est garant de la bonne gestion des ravitaillements. Il faut profiter de ces entraînements en condition de course pour faire des essais et les valider. Il contrôlera également l’allure du coureur, en faisant respecter la vitesse déterminée préalablement. Tout ceci ne peut s’effectuer qu’à condition que la stratégie de course et alimentaire aient été prévues et testées à l’entraînement au préalable. Et de profiter de ces entraînements en condition de course pour faire des essais (et les valider) afin de rôder votre duo.
3. Mentales :
C’est dans ce domaine que le rôle du suiveur prendra tout son sens, car il va devoir être à la fois modérateur (surtout en début de course où les risques d’excès de vitesse sont importants), grâce au recul que lui donne sa position dans la course. Puis motivateur au fil des kilomètres lorsque la fatigue, le doute peuvent envahir le coureur. Il devra donc, à la fois et tour à tour :
- être persuasif,
- savoir se faire écouter avec fermeté, tout en gardant ses propres qualités d’écoute,
- être inflexible afin de pouvoir influencer le coureur, et éviter que ce ne soit l’inverse qui se produise, - encourager,
- motiver, surtout dans le dernier tiers de la course lorsque le coureur est fragilisé,
- canaliser les "crises" du coureur qui peuvent survenir à la suite de l’installation d’une certaine fatigue nerveuse.

Si vous ne trouvez pas la perle rare…
Ce n’est pas une catastrophe. Avoir un suiveur n’est pas indispensable.Car n’oubliez jamais cet adage : « Mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e) »