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La Castilingo d'Eric Bonnotte | ![]() |
Petit compte-rendu de la Castilingo, trail qui avait lieu à Minot (21) à environ 50 km au Nord de Dijon. Minot est une petite commune comptant à peine une centaine d'âmes, située au cœur de la verdure bourguignonne, dans une région dont la densité est, accrochez-vous, de 2 habitants au kilomètre carré ! Autant dire que les spectateurs, tout au long des 60 km du parcours, sont absolument inexistants !!!! Si vous êtes un solitaire dans l'âme, ce trail est pour vous. Si vous adorez courir sur des gobelets, entourés de 25000 concurrents dans une ambiance de musique et fumée de saucisses/merguez, ne venez pas à Minot, restez à Paris ;-)))
Cette seconde édition de la Castilingo est le support de la 7ième épreuve du challenge des trails de l'est. C'est bon, après presque deux mois de pause, de revoir les têtes habituelles des coureurs de ce challenge. Les retrouvailles sont plutôt joyeuses, chacun racontant ses vacances, ses courses, ses projets futurs.
Le départ est
donné à 8
heures, au fusil de chasse
!!! Le ciel est bien pâlichon et le temps restera frais et
très
agréable pour galoper à travers la campagne tout
au long
de la journée. Départ très lent, pour
une fois, ce
qui me convient parfaitement ! Le rythme est tellement tranquille que
je
resterai dans le groupe de tête sur les 5 premiers
kilomètres.
Ensuite, cela s'accélère un peu et je sens que
mes quadriceps
n'ont pas encore totalement récupérés
d'une part,
de la Fortiche de juillet et d'autre part, de la KIMM (raid
d'orientation
en montagne) du 24/25 août. Bref, je suis un peu
fatigué !
Et puis de toute façon, devant, ce sont toujours les
mêmes
qui mènent la danse : Stéphane Bernardot,
Jean-Claude Enderlin,
Roland Vuillemenot…. Autant dire que je n'ai nullement la
prétention
de me mesurer à ces grands messieurs !
Bref, alors que devant, la lutte est plutôt chaude, je me
mets
en mode " diesel " et laisse ronronner paisiblement mon moteur sur les
sentiers bourguignons.
Et quels sentiers ! si, lors des premiers kilomètres, on
pouvait
craindre un remake du trail de la Dombes (larges chemins
plutôt plats
et droits, pénibles à la longue), il n'en est
rien. Rapidement,
les champs cèdent leur place à une
forêt dense, sillonnée
de " single-track " sinueux, rocheux, herbeux, déversants,
glissants,
techniques…
On fait " le dahut " à flanc de coteaux, on traverse des
oppidums,
on longe des petites falaises de calcaires
délitées et moussues…
La nature est présente dans toute sa splendeur, presque
vierge,
éclatante. On quitte ces bois touffus pour traverser de
rares villages
où trois grand-mères nous lancent des regards
inquiets. Nulle
part on ne semble au courant du passage de la course dans son village !
Alors que je me bats depuis de longues minutes maintenant avec les
traverses de chemins de fer d'une vieille voie
désaffectée,
on me tape dans le dos ! Quelle n'est pas ma surprise de voir J.C.
Enderlin
me doubler en me lançant : " Je suis trop con ! j'ai pris le
train
à l'envers ! ".
Il perd ainsi bêtement la tête de la course
après
avoir couru presque 500 m à contre-sens sur la voie. Puis
encore,
quelques dizaine de minutes plus tard, je retrouve J. C. perdu au fond
d'une petite combe, cherchant son chemin. Dans sa
précipitation,
il a confondu une marque rouge au sol indiquant une pierre dangereuse
avec
les stickers rouges collés aux arbres et signalant un
changement
de direction. Il repart en trombe, furax de cette grossière
erreur…
Même les meilleurs ont des jours " sans "…
Les kilomètres défilent. Je rattrape
Sébastien,
un jeune coureur pour qui cette épreuve est le premier
trail. Il
me semble " à la rue ". Il a les yeux hagards et les
intestins défoncés.
On discute un moment et, alors que je tente de lui remonter le moral,
je
devine au loin la silhouette arc-boutée de Pascal Pelardy,
actuellement
3ième du challenge. Il me semble un peu fatigué.
J'allonge
le pas et le rattrape assez rapidement. On court un moment ensemble,
juste
le temps qu'il m'explique que depuis le Trail de Gérardmer,
il ne
se sent plus dans le coup. Il est fatigué en cette
deuxième
partie d'année : le challenge des trails de l'est, avec ces
9 épreuves,
est plutôt traumatisant pour les organismes.
Mais l'arrivée est proche. On avale les dernières
difficultés,
très brèves, mais intenses. Il est vrai que le
profil du
parcours, avec ses 1400 m de dénivelé, ressemble
à
une lame de scie à métaux vue au microscope
électronique
à balayage : une succession de côtes et de
descentes très
courtes, souvent très raides et terriblement exigeantes sur
le plan
physique.
Ca y est, je franchis la
ligne ! deux charmantes demoiselles
m'annoncent
mon temps : 5h25… Ouch ! 30 minutes de plus que mon temps
prévisionnel
! Dur d'être un héros !!!
En fait, les " mauvaises " perfs enregistrés montrent bien
toute
la rudesse de cette magnifique épreuve. On sent, chez les
coureurs
qui arrivent, à la fois une déception quant
à leur
chrono mais aussi une grande fierté d'être venu
à bout
de ces terribles 60 km de solitude.
La rentrée 2002
était vraiment difficile
!
Félicitations aux organisateurs de cette magnifique
épreuve.
A noter : il est possible, pour ceux qui le souhaitent, de faire cette
course soit en " randonneurs ", " vététistes " ou
" cavaliers
". Pour les vététistes, de nombreux
kilomètres sont
tracés sur un parcours différent de celui de la
course… on
comprend pourquoi !
Résultats :
1. Stéphane
Bernardot : 4h56'
2. Roland Vuillemenot : 5h05'
3. Jean-Claude Enderlin : 5h11'
4. Eric Bonnotte : 5h25
5. Sébastien Moine : 5h27'
6. Pascal Pelardy : 5h33'
Chez les filles, se sont une fois de plus les sœurs Baal qui
l'emportent
(6h36) en doublé sans rencontrer de réelle
résistance.
73 classés
Tous les résultats et toutes les infos sur :
http://www.sportnat.com/trailestfrance/P5-7.htm
Eric
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