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Les 100km de Saint Estève 2005 - Emmanuel et Anne Cécile Fontaine |
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Pour moi, cela commence en août 2005 ; Anne Cécile et Stéphane Halbaut prennent le départ de
l’UTMB à Chamonix. Et pour cette troisième édition, j’ai la chance non pas de
les accompagner sur le GR, mais d’assumer le rôle de suiveur… et sur une course
comme celle là, ce n’est pas chose facile non plus pour un suiveur. Plus de
300km en voiture entre la France,
l’Italie et la Suisse. Deux nuits au cours desquelles le sommeil fut considérablement
perturbé, mais l’immense satisfaction de les voir passer la ligne d’arrivée
36h50 plus tard… Je n’oublierai jamais le plaisir que j’ai eu à les retrouver
chacun leur tour sur la piste de ski de Courmayeur au petit matin !
Puis, il y eut les 100km de Millau fin septembre où
Stéphane avait réussi à obtenir un
challenge sympa pour Anne Cécile et lui même ; assumer le rôle de meneur
d’allure sur un 100km… Et là encore, j’ai fait office de suiveur, mais à vélo
cette fois-ci; un petit bout de chemin avec Stéphane Houbre jusqu’au Marathon
bouclé en 3h35 pour lui, avant d’aller chercher l’autre Stéphane pour
l’accompagner de Millau à St Afrique et enfin suivre Anne Cécile entre St
Afrique et Millau. Bref, une superbe journée pour moi, et un forte envie de m’y
remettre !!! D’autant plus que le maître d’œuvre de ce projet de meneur
d’allure sur 100km est tout simplement le vainqueur de cette 34ème
édition des 100km ; Monsieur Bruno HEUBI ! Un vrai « pro »
qui maîtrise le sujet du 100km (double champion du monde par équipe avec
l’équipe de France) et un record à 6h50… Bref, une pointure de centbornard mais
tout à fait accessible d’un point de vue des relations humaines et qui lorsque
vous le voyez dans le reportage à Stade 2 vous démontre que l’on peut et que
l’on doit courir un 100km en se faisant plaisir…. Et c’est avec cet état
d’esprit que j’ai voulu retenter l’expérience du 100km.
Je décide donc de reprendre l’entraînement, mais pas comme
un forcené ; seulement 2 sorties par semaine, et trois si possible. Je
recherche sur le site de Bruno Heubi des infos sur les allures d’entraînement
que je m’efforce de mettre en œuvre ; je n’ai que cinq semaines pour me
préparer car le 100km de St Estève est prévu début novembre. J’en parle à
Stéphane Halbaut, et de suite cela le branche. Anne Cécile, idem…. Ces deux la,
plus il y a de bornes, mieux c’est !!!
Et puis il y a eu la sortie club dans le massif de la Gardiole. Et
pendant le déjeuner, on propose à Stéphane Houbre de monter une équipe pour
faire ce 100km par équipe ; la, bingo ! Pierre est partant, José
également , Romain idem et David aussi … et voilà, une belle équipe
de Pérols footing prête à relever le défi. Dès le lendemain de cette sortie
club, je m’empresse d’envoyer les inscriptions pour les huit coureurs et prend
des réservations pour la pasta de la veille de course et du couchage au centre
du Trèfle à Quatre Feuilles.
Le 4 novembre, le rendez-vous est fixé chez Stéphane
Houbre ; David hélas ne prendra pas le départ de cette
« expédition » , mais on lui a trouvé un remplaçant en la personne de
Alain.
On prend également un copain de Stéphane Halbaut, Léonard,
allias Marcel Millin avec nous pour le voyage. Un gars qui mérite à être
connu ; il a fait des choses incroyables en Course à Pied, et a beaucoup
de choses à apprendre pour tous ceux susceptibles de se lancer dans la rubrique
au delà du 100km…
Nous arrivons à St Estève en soirée ; il nous faut
filer à la pasta car nous sommes un peu en retard. Un vent violent ne cesse de
souffler, et cela nous inquiète un peu pour la course du lendemain. Pendant la
pasta, on fait connaissance avec des membres du forum d’ADDM et cela me permet
de mettre un visage sur des personnes initiées aux 100km avec lesquelles
j’échange des messages sur le Net ;les Vincents (Toumazou et Gouzergh),
Régis, Armand…). A la fin du repas, pour la petite anecdote, Anne Cécile
souffle ses « trente »bougies sur un gâteau 3 chocolats préparé par
Stéphane Halbaut pour l’occasion.
La nuit se passe plutôt bien ; je ne suis pas vraiment
stressé mais ne dors pas non plus terrible. Il faut dire que le vent a continué de souffler toute la nuit et s’est
seulement calmé vers 5h30 du mat. Vers
6h45, p’tit dèj pas trop copieux en ce qui me concerne car le départ des 100km
est fixé à 8h.
Nous nous retrouvons donc sur la ligne ; 87 coureurs en
individuel et 5 équipes dont une équipe féminine. Le départ est donné.
José (premier relayeur de l’équipe Pérols Footing) qui a un
peu la pression, décide de suivre Stéphane Halbaut qui avait décidé de partir
sur des bases de 5 minutes au kilo, soit 12km/h. Pour ma part, je me suis fixé
un plan à 5’40 au kilo. Anne Cécile qui n’a vraiment pas eu le temps de cogiter
à tout cela décide de me suivre ; personnellement, je sais qu’elle en est
tout à fait capable et ne doute pas que
l’on va faire un bon bout de chemin ensemble. La suite me donnera raison.
Le parcours est sympa ; il s’agit d’un aller de 5km
entre St Estève et le petit village de Baho, puis d’un retour par le même
trajet en sens inverse ; le tracé est légèrement vallonné, mais ce n’est
pas la côte de Tiergues ou de Creissels !!! Ce type de tracé que je
n’avais jamais rencontré jusqu’alors nous permet de voir tous les concurrents
engagés, de suivre l’évolution de la course en tête, de féliciter ou
d’encourager à chaque croisement les gars et les filles qui font la course…Et
puis avec un marquage au sol tous les km, c’est bien pratique pour savoir où en
est !!! Il faut dire que j’ai ma petite bandelette accrochée au short avec
tous mes temps de passage programmés tous les 5 bornes avec des écarts pour un
temps final compris entre 9h40 et 10 heures.
Dès le premier dix kilomètres, trois gars, dont Régis,
décident de se joindre à notre duo (Anne Cécile et moi) ; ils font
confiance à notre petite expérience dans le 100km. Comme je leur ai dit plus
tard, c’était le bon wagon !!! En effet, devant, c’est parti très
fort . Et le danger , c’est de lâcher les chevaux trop vite… Il y aura
beaucoup de casse… Rapidement, les premiers nous prennent presque 2 km au tour,
mais cela ne me gêne guère car je ne vise pas la victoire… En revanche, je vais
me rendre compte par la suite, qu’Anne Cécile et moi avons eu une gestion très
régulière de notre course, tout comme Marcel qui se trouve derrière nous, mais
qui tournera son 100km comme un métronome…
On enchaîne donc nos portions de 10 km entre 55 et 56
minutes ; à chaque tour, on retrouve les autres relayeurs de l’équipe
ainsi que Anne qui assurent la logistique en plus des tours à Vélo pour le rôle
de suiveur. Stéphane Halbaut passe au marathon en 3h32 ; il est toujours à
12km/h de moyenne. Alain le deuxième relayeur a effectué ses deux tours et a
passé le relais à Stéphane Houbre. Je passe au marathon en 3h55 ; Anne
Cécile est derrière à quelques secondes ; on ne se quitte pas ! Nous
sommes dans notre rythme. Nos trois compères sont toujours là ; notre
petite « équipe » tourne comme une horloge, mais perdra deux de ses
acteurs dès le 50ème kilomètre. Nous passons à mi course en
4h38 ; au fait, les premiers ne nous ont toujours pas pris un
tour !!! d’ailleurs, seul le futur vainqueur nous prendra un tour vers le
64ème kilomètre et le second de l’épreuve vers le 85ème.
Pour nous, la course se poursuit ; le vent s’est
considérablement levé pendant la journée. Il est presque 13h, cela fait bientôt
5 heures que je cours sans interruption et je me sens super bien ; je suis
heureux d’en être là et ce dans un tel état de forme. A ce moment là, je me dis
que Monsieur Heubi avait raison ; il est possible de faire 100km avec
« que du plaisir »…
Hélas, je n’irai pas jusqu’aux 100 comme cela ; dès le
soixantième km, je commence à avoir un peu mal aux cannes. Et il en reste
encore 40…. Je sais qu’il me faut aller jusqu’au 80 pour être sur d’aller au
bout… Alors, je cherche les ressources mentales pour y parvenir. Anne Cécile
aussi « pêche » un peu, mais ne craque pas pour autant. Nous essayons
toujours de garder le même rythme de 55 ou 56 minutes au tour… qui en réalité
s’effectuent plutôt entre 57 et 58 minutes à ce moment là de la course.
On passe, Anne Cécile et moi, le km 75 toujours
ensemble ; Romain le quatrième relayeur de l’équipe a déjà bouclé ses deux
tours et Pierre est sur le point de terminer la course. Pour l’équipe, ce sera
un très bon chrono de 7h40 à l’arrivée et une belle place de troisième sur le
podium.
Km 78 : je me demande si je ne vais pas devoir
m’arrêter ; j’ai la sensation que parfois mon genou droit se dérobe…
Heureusement, cela ne durera pas et je vais entamer mon avant dernier
tour ; je décide de prendre le lecteur MP3 avec les musiques que
j’écoutais à chacune de mes sorties longues ; histoire de me donner du
moral, du rythme, et ne pas trop penser à mes jambes qui deviennent de plus en
plus douloureuses. Vers le km 83, première crampe !!! J’arrive à la faire passer très vite en
ajustant la foulée et me dis qu’au prochain passage, je dois impérativement
enfiler le caleçon long pour garder la machine au chaud. Le soleil doit se
coucher se soir là à 17h35…
Km85, je rattrape Stéphane Halbaut ; Anne Cécile est à
environ 1 à 2 minutes derrière. Nous faisons nos 5km ensemble, et il me dit
« Moi, je marche un peu dans les
bosses »… A ce moment là, il en faut peu pour ne pas tomber dans le
panneau… Alors, je décide dès la bosse de « marcher un peu »… Pour
moi, ce ne sera qu’une vingtaine de mètres en tout et pour tout.
Non mais ! J’ai pas couru 86 bornes non stop pour
commencer à marcher maintenant !!! J’attends pas le sommet de la bosse, je
repars de suite ; et Steph fait de même. Nous passons les 90 avec trois
minutes d’avance sur Anne Cécile. Les deux premiers sont arrivés en 8h08 et
8h24.
Là comme prévu je demande à notre logistique mon caleçon
long … et ce qui devait arriver, arriva…. Quand tu plies ta jambe après 90
bornes, pour enfiler un caleçon ; qu’est-ce-qui t’arrive, je te le mets
dans le mille….UNE CRAMPE !!!! Heureusement Romain et Stéphane Houbre me
filent un sérieux coup de main afin que je puisse finir de l’enfiler jambes
tendues.
Avec Stéphane Halbaut, on décide d’attendre Anne Cécile afin
de faire notre dernier tour ensemble, et de finir la course ensemble. A vrai
dire, on l’a pas vraiment attendu car elle est arrivée à notre niveau de
suite…. Et nous voilà partis tous les trois pour le dernier tour. Je demande
(j’exige quasiment) à Stéphane Houbre un suiveur vélo pour ce dernier
tour ; j’en ai besoin pour le mental d’autant plus que j’ai posé le MP3 à
la voiture. Stéphane Halbaut s’exécute et nous accompagne ; et là,
jusqu’au 95 ème, « j’en chie »… il veut rentrer sous les 9h30, et je
le comprends, on a pas beaucoup de marge, mais c’est faisable… Alors je suis
juste derrière Stéphane Halbaut et Anne Cécile et je vais chercher au fond de
moi ce qui me permet de ne pas les lâcher… Bref, je suis à ce moment là, un
« suceur de roue »…
Pour les 5 derniers, je reprends la tête dès la première
bosse ; on est toujours dans les temps pour 9h30… Je creuse un petit écart
mais comme je le dis à Stéphane Halbaut qui est à vélo, je les attendrai dans
le dernier km, mais c’est moins dur pour moi d’être devant que derrière à leur
lécher les baskets… Km 98 : Romain et Pierre arrivent en courant à notre
rencontre ; putain ça fait du bien de vous voir là les gars… Km 99 :
c’est José qui nous attend… Et voilà ; moins de 500 mètres, je trottine ,
Anne Cécile et Stéphane Halbaut me rattrape et on passe la ligne ensemble en
9h29… Trois centbornards de Pérols Footing en moins de 9H30… Elle est pas belle
la vie !
Marcel (le métronome) finira une heure plus tard en 10h31.
Nous sommes ravis, on va se restaurer, se changer, échanger
avec d’autres coureurs qui en ont terminés… Bref, on va partager avec celles et
ceux qui ont participer à la fête…avant de reprendre les voitures pour rentrer
à Pérols.
Je n’ai pas atteint mon objectif : me faire plaisir
pendant 100km ; Je n’ai connu cela que pour les 60 premiers…et une fois la
ligne d’arrivée passée. Peut être qu’avec un peu plus d’entraînement !
Mais pas trop non plus…
Merci à tous ceux de l’équipe, ainsi qu’à Anne pour leur
soutien et leur dévouement.
Merci à Stéphane Halbaut, Merci à Anne Cécile avec qui je
compte bien faire d’autres 100km.
Peut être que ce petit compte rendu de course donnera
l’envie à d’autres du club de se lancer !
Emmanuel FONTAINE
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