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Seuil
: les limites à ne pas franchir ou l'extrapolation hasardeuse d'une donnée de laboratoire (1) |
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Impossible
aujourd’hui d’échapper, à la
lecture des revues spécialisées, à
deux données que l’on présente comme
incontournables dans l’élaboration de
l’entraînement : La vitesse maximale
aérobie (VMA) et le seuil.
Si la première peut s’évaluer sans trop
de difficultés et qu’elle est une base
concrète pour l’élaboration de
l’entraînement. La seconde a
été vulgarisée par les magazines (2). Un
grand nombre se la sont appropriés. Mais son fondement
même
reste à établir.
Le
seuil correspond au moment où, avec l’augmentation
de la vitesse de course, la concentration d’acide lactique
dans les muscles s’accroît brutalement, installant
ainsi un état d'acidose musculaire empêchant la
contraction.
Ce terme veut donc illustrer une limite, comme lorsqu’on
franchit le pas d’une porte ou que l’on bascule
dans un autre environnement.
Dans la réalité, ce n’est pas si
simple. Les scientifiques ont fixé cette limite à
partir de données statistiques. Hors, chacun à
son seuil, sa propre limite d’accumulation des lactates. Le
problème est de savoir à quelle vitesse ce
phénomène se déroule et surtout
comment le mesurer ?
Il s’agit d’une donnée physiologique,
hors l’entraîneur n’est pas un
physiologiste et souhaitons que les physiologistes ne se substituent
pas aux entraîneurs.
En fait, le regard scientifique que porte le médecin
n’éclaire pas forcément
l’homme de terrain qui a besoin de données
concrètes pour élaborer le contenu des
séances d’entraînement .
Les choses se compliquent encore, lorsqu’on sait
qu’un même athlète,
évalué avec le même protocole, dans
différents laboratoires n’obtient pas le
même résultat !
On a donc banalisé l’utilisation d’une
donnée dont les fondements scientifiques reposent sur des
bases difficilement exploitables dans la réalité
du terrain.
Chacun s’est approprié le sujet en y allant de sa
propre terminologie Ainsi des néologismes tels que seuil
actif, seuil passif, capacité aérobie,
résistance douce… ont fleuri. Tous
désignent de la même chose, mais aucun de ses
auteurs n’en donnent la même définition.
Comment planifier un entraînement en fonction de
repères aussi peu concrets ?
On sait de plus que les effets recherchés dans ce type de travail sont quasi
immédiats d'une séance à
l'autre, ne
nécessitant pas une place régulière
dans les plans d'entraînement comme on peut le voir trop
souvent.
Alors, hors
du seuil n’y a t’il point de salut ?
L’objet de cet article n’étant ni
d’ajouter à la confusion ni de participer
à une querelle sémantique, nous nous appuierons
sur ce constat fort simple pour proposer une alternative : on
progresse et on est performant aux vitesses auxquelles on
s’entraîne.
Partant de ce principe, il suffit d’établir
l’allure et le contenu
des séances spécifiques en fonction des
performances visées
sur les différentes épreuves que l’on
aura planifiées
dans la saison.
Cette notion de vitesse spécifique, qui
n’est autre que la vitesse de compétition, est un
repère simple et concret pour
l’entraîneur et l’athlète.
Cette démarche doit permettre à chacun de
structurer son entraînement à partir de
données accessibles à tous, sans pour cela
qu’il soit nécessaire de faire
référence à des notions, dont bien peu
à ce jour peuvent prétendre qu’elles
soient des éléments fiables pour la construction
de l’entraînement.
(1) Armand
Tomaszewski - médecin des équipes de France
d'ultra marathon - colloque d'Andrézieux (octobre
2003)
(2) Heureusement, pas toutes .. . ainsi Sport et Vie dans son numéro 92 de septembre-octobre 2005 rétablit l'équilibre.
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