Difficile
de toujours
trouver des
conditions d’entraînement
similaires à celles que vous avez sur piste ou sur parcours
mesurés. Les
obligations familiales, professionnelles rendent parfois contraignants
la
mise en œuvre d’un plan classique. Le
cardiofréquencemètre se
révèle alors
être un allié précieux dans la
perspective de pouvoir poursuivre un entraînement
construit. La fréquence cardiaque est, en effet,
à la fois un témoin de l’effort
d’une utilisation aisée mais aussi d’une
précision scientifique.
Votre
compte-tours
personnel
Le
cardiofréquencemètre
de base consiste en 2 parties : une ceinture de transmission
portée autour
du thorax, et un récepteur porté autour du
poignet. La méthode de mesure
est aussi précise que
l’électrocardiogramme, et le récepteur
lui-même est
d’utilisation facile et convient à tout type
d’exercice. Cela permet à tous
les coureurs, quelques soient leurs niveaux d’avoir
accès à des données fiables
et précises. En effet, on a coutume de comparer le coureur a
une automobile
et à l’instar du pilote,
l’athlète peut en permanence avoir un
œil sur le
compte tour de son propre moteur : son cœur. Le CFM
vous donne instantanément
un reflet précis de l’intensité de
votre exercice. Il permet d’évaluer la
fréquence cardiaque avec une précision
médicale, rendant compte ainsi de
l’intensité de l’effort
effectué.Cette
relation qui est
établie entre ces deux paramètres
s’explique par le fait que c’est le sang
qui transporte l’oxygène jusqu’aux
muscles. Plus la demande est importante
(intensité de l’exercice) et plus le
cœur doit accroître sa capacité
d’approvisionnement (fréquence cardiaque). La
lecture de cette dernière permet d’avoir une
vision précise de la réponse et de
l’adaptation de l’organisme à la
sollicitation effectuée. C’est donc un moyen de
contrôle fiable de l’entraînement.
La
Fréquence Cardiaque
Maximale : valeur
étalon
Pour
exploiter les données transmises par le
cardiofréquencemètre, il est indispensable de
connaître
sa fréquence cardiaque maximale (FCM) car c’est
à partir de celle ci que
vont s’établir les différentes plages
de travail correspondant au allures d’entraînement.
Pour
ce faire définir,
plusieurs possibilités s’offrent à
vous. Une, théorique, qui consiste à prendre
en compte votre âge et à le faire entrer dans une
des nombreuses formules
de calcul (voir tableau 1) que propose la littérature
sportive. L’avantage
de cette méthode c’est que
l’évaluation de la FCM se fait sans aucun effort,
au moyen d’une simple machine à calculer. Mais
l’inconvénient majeur réside
dans le fait que la marge d’erreur est importante.
D’ailleurs de nombreux
coureurs l’ayant utilisé ce sont rapidement rendu
compte du décalage avec
les données recueillies à
l’entraînement.
Cette
constatation
nous amène directement à la seconde
méthode d’évaluation qui consiste
à effectuer
un test de course. Celui ci peut être effectué en
laboratoires comme certains centres sportifs les proposent dans le
cadre d’évaluation plus complète de
la condition physique, ou directement sur le terrain à
l’occasion de test
de VMA. La première procédure a pour avantage de
libérer complètement le
coureur de tout souci de recueil des données. Mais elle est
réalisée dans
des conditions qui sont éloignées de la
réalité du terrain et chaque individu
appréhende différemment le fait de courir sur un
tapis avec un masque sur
le visage dans un lieu confiné. Nous lui
préférons donc la méthode qui consiste
à courir à des intensités maximales
sur piste ou en nature, c’est à dire
dans une situation qui se rapproche le plus possible des conditions de
course.
Evaluer
sa FCM en
situation
Il
faut donc effectuer
un test de terrain. Celui ci devra être d’une
durée d’environ 3 minutes,
c’est à dire le temps nécessaire pour
atteindre la FCM, en augmentant progressivement la vitesse de course
jusqu’à une allure quasi maximale.
La
distance de
course à parcourir est donc variable d’un individu
à l’autre selon son niveau
de performance ou son expérience de la course. Difficile
donc de savoir quel
test vous correspond (voir tableau 2). Voici quelques
éléments qui vont vous guider :
Il
faut partir
à une vitesse moyenne et augmenter celle ci à
chaque 100m jusqu’à faire les
derniers au maximum de vos possibilités. Votre FCM devrait
être atteinte
au cours de cette dernière partie du test.
Le recueil de la donnée peut se faire de plusieurs
manières. La plus simple mais aussi la moins fiable et la
moins commode : regarder pendant les 100 derniers
mètres votre CFM en repérant le moment
où vous atteignez la valeur
la plus haute…. et la retenir !
La seconde, qui consiste à
déclencher la montre en prenant un temps
intermédiaire tous les 100m et ce jusqu’au final,
afin de recueillir après le test les données
mises en mémoire par l’appareil à
chaque prise
de temps..
Enfin, la plus juste et la moins
contraignante est celle
où c’est l’appareil lui même
qui programme la prise d’information à des
intervalles
définis au préalable. Dans ce cas,
c’est toutes les 5 secondes qu’il faut
les prévoir pour une précision optimale.
Le choix de l’une ou
l’autre des méthodes est bien entendu intimement
liée au type d’appareil que vous
possédez. Du simple affichage
de la fréquence cardiaque à la prise automatique
des données, ce sont les
modèles proposés qui offrent ces
différences.
Déterminer
les fréquences
d’entraînement
La
fréquence cardiaque
maximale étant établie, on peut s’en
servir pour définir les différentes
plages de fréquence correspondant aux allures
d’entraînement.
Là encore
différentes méthodes sont utilisées.
La première consiste à établir un
rapport direct entre FCM et pourcentage d’effort. Par exemple
pour être à 70% de ma VMA je vais courir
à 77% de ma fréquence cardiaque
maximale (voir tableau 3). Ce calcul, simple à effectuer, ne
traduit pas
très précisément de la
réalité de l’intensité de
l’effort. C’est pourquoi un chercheur scandinave,
Karvonen, propose deprendre en compte une donnée
supplémentaire, la fréquence cardiaque de
réserve (FCR). Celle ci représente
la différence entre la fréquence cardiaque
maximale et la fréquence cardiaque
de repos.
Elle se calcule ainsi : FC Réserve = FCM
– FC Repos.
Soit pour un coureur ayant une FCM de 180 et une FC Repos de 50, une FC
Réserve
de 180-50 = 130.
Le
calcul de la
fréquence cardiaque d’entraînement (FCE)
s’effectue en prenant le pourcentage
de la FC Réserve auquel on ajoute la FC Repos.
FCE = (FC
Réserve X % de VMA) + FC Repos.
Soit pour notre exemple de base, si
la séance d’entraînement doit
être effectuée à 70% de votre
VMA : (130 x 70%) + 50 = 91 + 50 = 141.
Comme on peut le constater, cette
méthode donne des fréquences
plus élevées que la méthode de calcul
direct et se rapproche davantage des
valeurs constatées sur le terrain.
Enfin, à
l’instar de l’évaluation de la FCM nous
préférons pour notre part, une
troisième méthode qui consiste à
prendre en compte les données directement sur le terrain. Il
s’agit de courir sur un parcours
étalonné
à la vitesse de course ciblée et de noter les
fréquences cardiaques qui correspondent.
Cette démarche est sans conteste la plus fiable. De plus,
étant individualisée,
elle permet une prise en compte toute particulière du
coureur, offrant ainsi
toutes les garanties nécessaires à la gestion
optimale du potentiel de l’athlète.
Elle présente néanmoins quelques contraintes,
puisqu’elle oblige à aller
sur le terrain pour mesurer les fréquences cardiaques,
à l’opposé des autres
qui ne nécessitent qu’un simple calcul. Mais tout
dépend de ce que le coureur
recherche dans son entraînement. Si c’est une
volonté de progresser et d’optimiser
son potentiel, il lui faut adopter la méthode la plus
rigoureuse. Si c’est
une pratique hygiénique et de détente sans
vouloir vraiment progresser sur
le plan des performances, une évaluation plus approximative
suffit, d’autant
qu’en sous estimant les intensités, celle ci ne
risque pas d’amener le coureur
vers des entraînements trop intenses.
Utiliser
les données
recueillies
Toutes ces dispositions
étant prises, il ne vous reste
plus qu’à utiliser ces données afin de
mettre en place votre entraînement
comme s’il se déroulait dans des conditions
normalisées. Le cardiofréquencemètre
va vous permettre grâce aux éléments
qu’il vous fourni en direct de conduire
vos séances avec une efficacité et une
précision qui, si elles ne sont pas
comparables avec celle du stade, vous offrent une liberté
d’action et de
mise en œuvre incomparables. Sachez donc utiliser ces atouts
pour rendre
votre entraînement varié et ludique.
Tableau
1 : Formules
de calcul théorique de la fréquence cardiaque
maximale
| Nom |
Formule |
| Astrand
et Ryhming (1954) |
FC
= 220 - âge |
| Inbar
(1994) |
FCM = 205,8
– 0,685 x âge |
| Robers
et Lanwher (2002) |
FCM
= 208,754 – 0,734 x âge |
Tableau
2 : Distance
de test VMA a effectuer en fonction du niveau du coureur
| Niveau du coureur |
VMA estimée |
Distance du test |
| Débutant |
10
à 12km/h |
800
à 900m |
| Débrouillé |
13
à 15km/h |
1000
à 1100m |
| Confirmé |
16
à 18km/h |
1200
à 1300m |
| Expert |
19
à 21km/h |
1400
à 1500m |
Tableau
3 : Rapport entre
% de VMA et % de FCM
| VMA
|
%
de FCM |
| 100% |
100
% |
| 95% |
100% |
| 90% |
99%
(+/- 1) |
| 85% |
93%
(+/- 1) |
| 80% |
88%
(+/- 1) |
| 75% |
82%
(+/- 1) |
| 70% |
77%
(+/- 1) |
| 65% |
71%
(+/- 1) |
| 60% |
66%
(+/- 1) |
| 
|